L'European Cockpit Association (ECA) a publié le 27 octobre 2026 les résultats d'une enquête sur la fatigue des pilotes européens, menée auprès de 7 200 pilotes de ligne dans 32 pays. Près d'un quart des répondants déclarent voler alors qu'ils se sentent trop fatigués ou inaptes au service, et 76,8 % disent avoir connu au moins un micro-sommeil en vol au cours des quatre semaines précédentes.
Une enquête européenne sur la fatigue des pilotes de ligne
L'étude repose sur un rapport indépendant du cabinet de conseil en sécurité aérienne Baines Simmons. Les réponses ont été collectées entre le 4 août et le 7 septembre 2026, soit pendant la période estivale, l'une des plus chargées pour les compagnies.
L'ECA, qui représente les pilotes au niveau européen, en tire un constat de défaillances dans la gestion du risque de fatigue. Les résultats ont notamment été relayés par The Guardian.
Micro-sommeils et repos insuffisant : les chiffres clés
Le chiffre le plus marquant concerne les micro-sommeils : 76,8 % des pilotes interrogés en ont subi au moins un aux commandes d'un aéronef durant les quatre semaines précédant leur participation à l'enquête.
La récupération entre deux périodes de service apparaît également insuffisante. Selon l'enquête, 38,8 % des répondants estiment ne pas disposer, habituellement ou toujours, d'assez de repos pour éviter l'accumulation de la fatigue.
Signalement de la fatigue : une confiance très limitée
Sur la question du signalement, 37,2 % des pilotes affirment déclarer leur fatigue ou leur inaptitude au service. À l'inverse, 24,2 % indiquent ne pas le faire et voler malgré tout.
L'ECA identifie la crainte de sanctions disciplinaires ou de réactions négatives de la hiérarchie comme un frein important. Seuls 11,9 % des pilotes déclarent faire confiance au système de signalement de la fatigue de leur compagnie.
Prolongation de service à la discrétion du commandant
L'enquête s'est aussi penchée sur la discrétion du commandant de bord, qui permet de prolonger une période de service de vol dans des circonstances exceptionnelles. Environ 38,3 % des répondants y ont eu recours au moins une fois sur les quatre semaines écoulées, et 15,2 % au moins deux fois.
Par ailleurs, 69,1 % s'inquiètent des conséquences négatives d'un éventuel refus de prolonger leur service. Ce chiffre alimente l'analyse de l'ECA sur la pression ressentie dans les opérations.
Les demandes de l'ECA
L'association réclame une meilleure protection des pilotes qui signalent leur fatigue, des systèmes de gestion du risque de fatigue plus efficaces et une surveillance renforcée de la part des autorités nationales et de l'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA).
À ce stade, les sources consultées ne font pas état d'une réponse officielle de l'EASA ni des compagnies. Les suites éventuelles, notamment d'éventuelles évolutions de la réglementation ou des contrôles, restent à confirmer.